Le mot Diairi signifie primitivement "chignon". Une "câle à Diairi" est donc tout simplement un bonnet destiné à couvrir le chignon. Le Diairi est sans conteste une particularité du Pays de Montbéliard. Il est le symbole du protestantisme et des attaches wurtembergeoises du Pays.
Avant le XIXe siècle, les câles n'étaient vraisemblablement pas brodées et ne possédaient pas de rubans. Les premières broderies étaient alors en noir sur les câles, puis, avec la Révolution et le rattachement du Pays de Montbéliard à la France apparurent les diairis brodés multicolores.
La câle à diairi fut abandonnée dès le début du XXe siècle. Ce fut le dernier élément du costume porté dans les campagnes. Pendant la première moitié du XXe siècle, certaines personnes âgées portaient encore la coiffe quotidiennement.
La câlière :
C'est la brodeuse des câles à diairi , la spécialiste qui confectionne les coiffes portées par les "diaichottes".
Dans certains villages, il y avait une câlière qui brodait les coiffes et qui apprenait aux jeunes filles à les confectionner.
Toutes les coiffes devaient avoir un dessin différent ; on ne copiait jamais, ce qui donnait encore plus de valeur et de poésie à l'ouvrage et un intérêt supplémentaire. La création du motif est la phase la plus passionnante du travail.
La confection de la coiffe :
Les coiffes étaient la plupart du temps faites en satin ou en velours noir, bleu, brun ou rouge très foncé. Les femmes âgées ou les veuves portaient une coiffe noire, entièrement brodée de perles noires. D'autres coiffes,
blanches et garnies de perles colorées, étaient faites en piqué de coton et étaient réservées aux fiançailles et aux mariages.
Selon la coutume, la décoration de la coiffe était un secret entre la câlière et la fiancée ; personne ne pouvait voir la coiffe avant le jour de la cérémonie.
Les coiffes étaient souvent un sujet de rivalité entre les jeunes filles et elles faisaient la fierté des familles.
Le matériel utilisé :
• les perles : chaque motif est réalisé en perles de diamètre inférieur à 1 millimètre. Quelques 250 perles sont
nécessaires à la confection d'une seule feuille et plus de 10 000 pour celles du diairi tout entier !
• la cannetille : longue spirale de fil d'or ou d'argent
• les glaces miroitantes ou miroirs
• la chenillette : filaments de soie ayant l'apparence du velours
Avec l'apparition du chapeau, le métier de câlière s'est éteint petit à petit, d'autant plus que le temps de réalisation d'une coiffe est considérable (environ 400 heures) et qu'il est de plus en plus difficile de se procurer le matériel nécessaire.
Aujourd'hui le Diairi est le nom du groupe folklorique du Pays de Montbéliard dont je fais partie. Il s'agit plus d'un groupe de chanteurs que de danseurs. A peu près 60 choristes de tous âges constituent ce groupe. Nous chantons du folklore, du classique, du religieux, du gospel et quelques chants modernes. Un groupe d'enfants vient se rajouter aux adultes pour certains concerts (fête de la musique, Noël...)


